La vision du train à vapeur
Il y a une vingtaine d’années, les représentants des trois
niveaux de gouvernement et de la société civile ont
investi temps, recherche et argent afin de développer ce qui
est devenu le Train à Vapeur Hull - Chelsea -Wakefield.
Ce que nous pouvons appeler «la vision du train à
vapeur » ne s’est pas matérialisée par magie.
Le tout a commencé avec le besoin de poursuivre le
développement économique de l’Outaouais qui émanait
auparavant de l’industrie forestière. Le déclin de
ces industries dans les années 1980 a été
compensé par l’essor de l’industrie touristique. Deuxième
activité économique dans le monde, elle est
généralement «propre » et verte et fournit
un large éventail d’emplois. Toutefois, l’Outaouais n’a
pas bénéficié pleinement de cette manne, car il
n’y avait que peu d’attractions à caractère
familial, bien que la région soit très belle et ait le
potentiel d’attirer les touristes avec le développement
d’éléments attrayants. Il y avait un chemin de fer
avec des trains à vapeur opérés par la société
ferroviaire Bytown et ses partenaires. Même la Reine avait fait
ce trajet!
Des études avaient démontré que si le train
devenait une destination touristique permanente, jouissant d’une
infrastructure publique exploitée par un opérateur
privé, il avait le potentiel de devenir une «locomotive
» du tourisme en Outaouais et dans la Région de la
Capitale Nationale fédérale. La «vision du train
à vapeur » est celle d’un attrait qui placent
l’Outaouais sur la carte touristique en faisant une utilisation
efficace des infrastructures locales déjà en place pour
avoir un effet cumulative pour attirer davantage de touristes et
ainsi davantage d’investissement, d’emplois et de taxes.. Afin de
franchir toutes les barrières à la réalisation
de ce projet, il fallait une «vision du train ». Le
chemin de fer fut cédé par le c.f. C.P. aux
municipalités de Hull (Gatineau) Chelsea et la Pêche en
retour de reçus d’impôt , ceci pour que la voie
ferrée soit maintenue en tant que fiducie publique. Les
gouvernements fédéral et provincial ont investi dans
l’amélioration de la voie. Il n’y avait pas de train à
vapeur disponible au Canada, un train à été
importé de la Suède. Les opérations ont débuté
en 1992 et la famille Gauthier a pris la relève du premier
opérateur en 1994.
Le train à vapeur touristique de Wakefield a fait
plus que respecter ses promesses :
* Il attire plus de 55 000 touristes par année, apportant
des retombées économiques de 10 à 12 millions de
dollars par année à la région;
* Une compagnie qui organise des tours tout-inclus dans la région
soutient que le train est la source de 20 à 30 pourcent de son
chiffre d’affaires;
* C’est un icône du patrimoine de la
région. L’image du train est devenue notre symbole
touristique, rendant accessible la beauté naturelle de la
Gatineau et redonnant vie à une infrastructure existante en
l’Outaouais. Le président de Tourisme Outaouais base sa
campagne annuelle sur les attraits principaux de la région
dont le train à vapeur;
* La croissance du chiffre d’affaires et les 15 ans d’opération sans accident ont
permis à l’opérateur de retirer sa dette en capital
et de réaliser des profits réguliers;
* Le virement du train sur la plaque tournante à Wakefield attire
constamment de nombreux visiteurs dans ce village;
* Éveillés par le train aux beautés de la région les visiteurs se
laissent tenter par l’achat de résidences ici;
* Le train à vapeur fournit une centaine d’emplois à nos
étudiants et autres résidents et il présente
régulièrement des artistes tirés d’une liste
de quelques cent musiciens. Cela a même donné naissance
à un groupe d’artistes de la chanson bien connu dans la
région.
* Les millions de dollars qu’il apporte
nourrissent les hôtels, restaurants, bars et autres entreprises
touristiques de l’Outaouais - et celles-ci paient des taxes;
* À Chelsea, il permet de garder ouvert un sentier d’accès le
long de la Rivière Gatineau pour les randonneurs et les
skieurs;
* En tant que l’un des derniers services vapeur
réguliers au Canada, il alimente la fierté de la
majorité des résidents avec son sifflet familier et ses
trains gastronomiques;
* De plus, le train est devenu un lieu
privilégié pour des mariages, des parties et des
réceptions de tous genres;
* Pendant plusieurs années
il a payé des taxes mais n’a que très peu fait appel
à des investissements publics.
Les problèmes :
Les propriétaires du train à vapeur ont mis le train
en vente tout en déclarant qu’ils n’avaient plus confiance
en leur relation avec les maires de Gatineau, Chelsea et La Pêche
qui constituent la Compagnie du chemin de fer de l’Outaouais (CCFO)
propriétaire de la voie ferrée qui loue cette
infrastructure à l’opérateur. La pierre d’achoppement
immédiate fut le fait d’un glissement et d’un «lavement
» de terrain mais les problèmes sous-jacents sont plus
profonds. Ils sont de nature structurale :
1. Les bienfaits du chemin de fer profitent à la région,
mais les problèmes et la gestion sont d’ordre local. La CCFO
est limitée par le fait que les mandats des maires proviennent
de leurs municipalités locales particulières, pour
lesquelles ils essaient d’assurer des bénéfices tout
en gardant au minimum les préoccupations sécuritaires
(assurances, avocats, poursuites). Ils subissent les pressions
émanant de commettants et de leurs conseillers;
2. Les maires ont changé le nom de l’entité «Conseil
de développement touristique» à «Compagnie
de chemin de fer » créant ainsi une confusion quant au
rôle de celle-ci et créant une impression de compétence
pour opérer un chemin de fer;
3. La corporation propriétaire actuelle, la CCFO n’a pas de représentation
de la région, des autres niveaux de gouvernement, de
l’industrie touristique;
4. À cause des négociations constantes quant aux contrats, il n’y a pas de structure
administrative du chemin de fer qui puisse amener ensemble les
propriétaires de la voie et l’opérateur du train.
Personne n’a le mandat de promouvoir la «vision du chemin de
fer ». Un nouveau propriétaire insistera sur la
nécessité d’une relation harmonieuse;
5. En tout cas, l’essence du problème réside dans le fait que
bien que l’opérateur doive s’occuper de l’entretien
régulier de la voie ferrée, la responsabilité du
maintien de l’infrastructure (études, remblais, déblais,
sols, ponceaux, ponts et c.) tombe entre deux chaises.
6. Il n’est pas certain que les ministères de transport fédéral
et provincial aient assuré à plein leur rôle de
garants de la sécurité de la ligne ou encore qu’on
leur ait accordé toute la crédibilité qu’ils
méritent.
Solutions possibles : Un plan de développement pour
le train à vapeur
Des remèdes à court terme et des solutions rapides
ne suffiront pas pour sauver le train à vapeur Hull-Chelsea-
Wakefield. Le glissement de terrain n’est qu’un symptôme de
problèmes plus fondamentaux. Toutes les parties en cause
doivent profiter de l’occasion pour travailler ensemble et trouver
une solution à long terme. Le train représente pour
notre région un potentiel de développement économique
important.
Un plan de développement sera crucial pour attirer un
nouvel opérateur qualifié pour le train. Les maires
méritent nos félicitations pour avoir démarré
le processus de sauvegarde du train et pour avoir invité la
communauté d’affaires et du tourisme à travailler
avec eux. Ils devront mieux communiquer avec le public qui croit que
le train est mort. Il va sans dire que les Amis du Train ne
s’imaginent pas que les solutions qu’ils suggèrent sont
les seules sur la table; il; s’agît plutôt d’un point
de départ.
1. Tous ceux et toutes celles qui ont exprimé des vues sur
le sujet sont d’accord pour dire que le train est un moteur
économique pour toute la Région de l’Outaouais et en
fait pour la Région de la capitale nationale fédérale.
Les coûts, les bénéfices et les
responsabilités devront donc être régionalisés.
2.
La loi 244 (1993 art, 102) de la CCFO nécessiterait une
révision urgente afin de doter l’organisme d’un conseil
d’admninistration représentatif de la région. Ce C.A.
pourrait avoir un comité exécutif restreint et un
conseil plus large ou encore être constitué en tant
qu’entité plus vaste et représentative. Nous
suggérons que les députés à l’Assemblée
nationale aient un représentant tout comme le gouvernement
fédéral et les maires des trois municipalités.
La communauté d’affaires aurait des représentants des
Chambres de Commerce de Gatineau et de Wakefield et l’industrie
tourstique, un.
Un expert des chemins de fer et des transports et
un représentant des amis du train. Tout ceci fait un total de
neuf. Chaque groupe, les députés et les autres seront
responsables de la nomination de ses représentants.
3. Hormis les périodes de négociations les opérateurs
du train seraient invités en tant que membres sans droit de
vote comme le pourraient être les agents de développement
économique.
4. Le président élu par le C.a.
devrait être une personne apte à présider mais
aussi à agir en tant que porte-parole pour la «vision du
train ». cepourrait être une personned u monde des
affaires ou du tourisme ou encore un membre de la conférence
régional des élus ou encore un ami du train.
5. on devrait songer è la modification de la loi 244 afin de
reconnaître en tant que propriétaires des investisseurs
majeurs. Aussi, le nom de la corporation doit être modifié
afin d’éviter la confusion terminologique actuelle.
6. Pendant que la gestion de la corporation responsable pour la voie
ferrée
renaït sous une allure plus représentative
et fonctionnelle, un nouveau Plan de Développement devra être
créé. Parmi ses composantes on y retrouvera les
réparations nécessaires à l’emprise, aux ponts
et aux ponceaux. On devrait chercher des partenaires pour la
construction d’une nouvelle gare près du Casino et aussi
regarder la possibilité d’une gare secondaire à
Chelsea. Des améliorations à Wakefield pourraient
inclure des quais couverts pour les jours de pluie. Le défi
présenté par les effets du projet Rapibus sur la ligne
et la coupure entre la plaque tournante et le «dépôt-atelier-gare
» rendant inutile ce dernier est une occasion à saisir.
De plus, l’idée d’un service additionnel vers Montebello
et de l’achat de voitures et d’une locomotive supplémentaire
est à envisager de nouveau.
7. Il sera important de garder
en tête la possibilité que ces lignes puissent
éventuellement servir à des trains légers pour
navetteurs et pour les joindre au train léger (O-Train)
d’Ottawa;
8. Bien que les nouveaux investissements pour les
éléments de ce plan ne soient pas énormes, et
qu’il faille trouver des partenaires, en attendant, des
investissements des instances fédérale et provinciale
sont nécessaires pour pallier aux moyens réduits des
municipalités;
9. Tout nouveau contrat avec un opérateur
doit clairement indiquer que l’emprise des voies est la
responsabilité de l’organisme propriétaire.
L’opérateur pourrait payer des frais pour chaque kilomètre
parcouru comme c’est le cas ailleurs ou il pourrait être tenu
responsable pour l’entretien avec une réduction de la taxe à
payer afin d’encourager de tels investissements.
10. Des
négociations avec les ministères de transport fédéral
et provincial qui détiennent l’expertise en la matière
sont nécessaires afin de s’assurer qu’ils assument leur
pleine responsabilité pour les inspections sécuritaires
de la ligne et de ses équipements;
11. Pendant que la
préparation de la gouvernance et du plan visionnaire sont en
chantier, le Conseil renouvelé peut chercher un nouvel
opérateur;
12. Dans l’immédiat et à plus
long terme, seul un conseil d’administration voué à
la «Vision du Train » saura mener le plan de
développement jusqu’au terminus.
Informations : 819 - 827 - 1025 (J.T.) ; 819 -827- 8552 (H.G)